Bibliomania : livres en cours

samedi 23 avril 2011

Berserk 320

Pendant que Guts et Shierke visitent le système digestif du Dieu de la mer...


...Les limaces et les pirates assiègent le Sea Horse, qui se défend bien...


...et qui, outre les canons, a quelques atouts dans son jeu :


Mais toujours pas de sirènes en vue!


Et après les spoilers visuels, les spoilers textuels (passer la souris avec le clic gauche appuyé pour afficher) :

Guts et Shierke (enfin, surtout Guts!^^) parviennent à se tailler une route jusqu'à la bouche du Dieu de la mer à coups de Dragon Slayer en travers des tentacules. Dès que Guts saute dans la bouche, les mâchoires monstrueuses se referment avec un "clac" assourdissant... Une fois arrivés dans l'estomac du monstre, Guts et Shierke se retrouvent dans un cimetière de navires arrosé par une "pluie" d'acide gastrique, rencontrent des isopodes géants, et décident de frapper le Dieu de la mer au coeur.
Pendant ce temps, les tentacules se dirigent vers le Sea Horse. Le bateau, protégé par la barrière de Farnèse, les maintient à distance à coups de canons. Farnèse protège le corps de Shierke... et le "moonlight boy" est toujours là...

Au vu de cet épisode, et en attendant d'avoir une traduction plus détaillée, plusieurs remarques me viennent à l'esprit:
1) je ne suis pas trop inquiète pour l'armure du Berserk, qui jusqu'ici a résisté au feu, à la foudre, à l'eau salée... Mais Guts, en-dessous, va sûrement encore salement morfler. Donc, quoiqu'il arrive, j'espère qu'il n'aura pas à rester trop longtemps là-dedans. En plus, est-ce que l'air n'est pas complètement toxique dans un estomac? Il ne va pas finir par manquer d'oxygène? Ce serait ballot quand-même...
2) Tout est allé trop facilement jusqu'ici pour Guts et Shierke, quelque chose de lourd nous attend, et j'espère seulement que le prochain épisode ne sera pas le dernier avant la pause, et que, si c'est le cas, il ne finira pas sur un gros cliffhanger de la mort-qui-tue qui nous laissera mariner dans notre jus pendant six mois!!!
3) Si le gamin est toujours là, c'est (j'espère) qu'il a un rôle à jouer dans les événements présents, et qu'il nous réserve sûrement une grosse surprise... J'ai hâte!!!
4) J'ai beau me creuser la cervelle, je n'arrive pas du tout à imaginer ce que Miura nous mijote avec le Dieu de la mer et son monstrueux appétit... De grandes révélations? (tous les vestiges de civilisations anciennes me font beaucoup penser à l'époque de Gaiseric...) Ou un schisme dans le groupe (Guts se retrouvant isolé loin des autres)? A ce stade, tout est possible!!! En tout cas on peut se préparer pour un résultat impressionnant!!!
5) J'adore la façon dont Miura a dessiné l'intérieur du Dieu de la mer! C'est... l'enfer gastrique!^^

Bref, vivement la suite!
Rendez-vous le 13 mai pour la prochaine fournée!


jeudi 21 avril 2011

Ubik, Le Scénario

Titre VO: Ubik, The Screenplay
Catégorie: roman, cinéma
Genre: SF
Auteur: Philip K. Dick
Année d'écriture: 1974
Année de première publication (US): 1985
Edition (Fr): Les Moutons Electriques
Année d'édition (Fr): 2006

Résumé de quatrième de couverture :

Attention événement ! Géant et classique incontournable de la littérature américaine en général et de la science-fiction en particulier, constamment pillé par Hollywood depuis des années, Philip K. Dick avait rédigé lui-même un scénario d'adaptation cinématographique d'un de ses plus célèbres romans, Ubik. Ce document fascinant, où l'auteur réinvente sa propre œuvre avec des dialogues percutants et un humour grinçant, est introuvable et très recherché de nos jours en langue américaine. Pétillant d'intelligence et de vivacité, Ubik le scénario est d'une lecture formidablement captivante, intrigante, détonante : du concentré de Dick.
Sa traduction en France marque la parution de l'ultime dickien de science-fiction dans notre pays. Philip K. Dick l'a rédigé en 1974 mais il ne fut jamais tourné : ce scénario d'Ubik existe et appartient désormais au monde du " cinéma invisible ". Chaque lecteur peut en quelque sorte devenir, le temps de sa lecture, le spectateur de son propre cinéma mental.

Mon Avis :

En 1974, Philip K. Dick est contacté par un réalisateur français, Jean-Pierre Gorin, qui lui annonce son désir d’adapter Ubik pour le cinéma. Rédigé en trois semaines, le scénario ne sera finalement jamais porté à l’écran. La version publiée en 1985 aux USA aurait, selon Tessa Dick (5e épouse de PKD), subi beaucoup d’ajouts et de modifications de la part de diverses personnes, et ne serait donc pas l’authentique scénario écrit par Dick. Etienne Barillier, l’auteur de la préface pour la traduction française, ne faisant pas mention de quoi que ce soit qui rejoigne les déclarations de Tessa, difficile de discerner le vrai du faux (après tout, on nage en plein dans l’univers de Dick !). Quoi qu’il en soit, Ubik le scénario existe, je l’ai lu, et voici mon ressenti.
D’abord, la préface d’Etienne Barillier est assez intéressante, car elle nous permet de remettre les événements en contexte, et surtout elle nous rappelle l’état d’esprit où se trouvait Philip K. Dick au moment où il est contacté par Gorin : plus tôt cette même année débutait sa phase mystique (qui allait donner lieu à la rédaction de l’Exégèse, jamais publiée, et de la trilogie divine : SIVA, L’Invasion divine et La Transmigration de Timothy Archer). Comme on peut s’en douter, cet état d’esprit joue un rôle important dans les choix que fera Dick dans les différences apportées au scénario par rapport au roman original, d’autant plus que les thèmes d’Ubik s’y prêtent particulièrement.
Concernant le scénario en lui-même, je suis assez mitigée. Il y a d’excellentes idées de mise en scène, les idées derrière sont géniales et on n’en fait jamais le tour (est-ce que je surprends qui que ce soit en disant ça ?...). Il y a un côté un peu désuet, mais pas au sens négatif du terme, qui se dégage de l’ensemble (je ne pense pas que ce soit un effet recherché par Dick, à part pour certains passages précis, mais, que ça soit conscient ou pas de sa part, ça colle parfaitement), et certains éléments m’ont beaucoup fait penser à Kubrick : l’utilisation que Dick fait de la musique (et si Ubik est vraiment porté à l’écran un jour, je serais horriblement déçue si on n’entendait pas le Dies Irae du Requiem de Verdi et le Missa Solemnis, Gloria de Beethoven !), et la présence écrasante de « l’atomiseur Warhol » qui rappelle franchement le monolithe de 2001, L’Odyssée de l’espace (en tout cas, je trouve), ainsi que certains effets de mise en scène.
Cependant, il y a quelques bémols qui m’empêchent d’être complètement enthousiaste à propos de ce scénario. Certains dialogues, beaucoup trop longs et verbeux, ne conviennent pas du tout au format ciné : si le lecteur peut suivre, le spectateur décroche. D’une manière plus générale, j’ai trouvé que l’ensemble n’avait pas assez de rythme, et (mais peut-être que c’est dû au fait que je venais juste de lire le roman, et que lire un scénario n’est quand-même pas pareil que regarder le film proprement dit) qu'il y avait un manque au niveau de la montée de la tension dramatique: dans l'ensemble, le scénario n’accrochait pas suffisamment le lecteur / spectateur. De plus, j’ai été un peu déçue par le fait que, finalement, le scénario restait très (trop) proche du roman, et ne s’en détachait qu’occasionnellement (la fin, en particulier), d’où un manque de surprises qui m’a laissée un peu sur ma faim. Enfin, si je reconnais volontiers l’originalité des idées de mise en scène de PKD, quelques-unes ne m'ont pas vraiment convaincue : si, sur le papier, je comprends (vaguement^^) la démarche intellectuelle de Dick, je ne suis pas sûre que, le film eût-il été tourné, l’effet produit à l’écran eût été très heureux. Et, histoire d'enfoncer le clou, écrire un roman et écrire un scénario sont deux exercices très distincts : même si PKD avait d’excellentes idées et débordait manifestement d’enthousiasme pour le projet, on se rend aussi compte à la lecture d’une certaine naïveté qui vient de la méconnaissance des codes et surtout des contraintes techniques, humaines et matérielles qu’un film implique : le scénario de Dick est celui d’un film fantasmé, aussi fascinant qu’il est impossible à réaliser ! (surtout en 1974, avec le peu de moyens dont Gorin disposait… ) J’imagine sans peine la perplexité qu’a dû éprouver le réalisateur en lisant le scénario que lui a envoyé PKD !^^
Au final, même si le texte de Dick fourmille d’idées brillantes, en tant que scénario il garde un goût d’inachevé, ce qui n’a rien d’étonnant puisque c’est le premier (et le seul) scénario que Dick ait jamais écrit, et qu’en plus c’est un premier jet, rédigé en peu de temps ! L’expérience reste très intéressante, et je ne peux qu’encourager les fans de PKD à le lire ; pour moi son intérêt majeur réside dans le regard que porte PKD sur son propre roman, à presque 10 ans d’intervalle.

Et, juste pour le plaisir, un petit extrait :

23.

JOE CHIP assis à une petite table, sur laquelle se trouvent un bol en plastique, une brique de lait, une boîte de céréales de petit-déjeuner Alphabets, une saupoudreuse de sucre, une serviette de table et une cuillère. Nous entendons à nouveau assez fort le Requiem de Verdi, la partie « Dies Irae ». JOE CHIP ouvre la boîte de céréales et en remplit le bol ; verse du lait, puis du sucre. S’assoit. Le seul son est celui du requiem. Panoramique vertical sur le bol, lequel montre la surface lisse et blanche du lait. Puis des morceaux de céréales, en forme de lettres, flottent une par une à la surface. Une ici, une là, avec des espaces. Au bout d’un certain temps, nous pouvons déchiffrer des fragments de mots incomplets. Puis, finalement, le « reste » de l’alphabet flotte en place et les mots sont complétés. Ils disent : JE PASSE UN MERVEILLEUX MOMENT, J’AIMERAIS TANT QUE VOUS SOYEZ LÀ.
JOE CHIP baisse sa cuillère et commence à manger les céréales. Fondu.

Et parce que c’est toujours mieux avec la bande-son :



Enfin, un grand merci aux Moutons Electriques (les bien nommés^^) pour la publication française de ce texte très rare. Et (comment ça je radote ?) un petit rappel sur le pourquoi du comment que c'est particulièrement intéressant de se pencher sur le scénario de Ubik en ce moment, quand-même : apparemment Michel Gondry travaillerait, depuis déjà un certain temps, sur une adaptation du roman...

samedi 9 avril 2011

Ubik


Catégorie : roman
Genre : SF
Auteur : Philip K. Dick
Année de publication (US) : 1969
Edition fr : 10/18 domaine étranger
Année d’édition : 1999


Résumé de quatrième de couverture :

"Tous les thèmes de la SF semblent s'être donné rendez-vous, dans Ubik, pour y être tournés, déformés, dévoilant ces questions ultimes : la télépathie, le voyage temporel ou la mort. Le foisonnement de l'imagination, la richesse et la complexité de l'intrigue sont un défi au résumé cohérent du monde où évolue Joe Chip, monde dans lequel on saute de 1992 à 1939, où les morts vivent en état d'animation suspendue, rêvant leurs pseudo-vies dans un univers onirique.
Entre l'univers où le temps se dégrade et le monde instable des morts, Ubik est le piège final des réalités, qui marque une étape définitive dans l'œuvre de Dick. C'est sans doute une de ses productions les plus achevées qui vient couronner un cycle spirituel commencé avec Le Maître du haut château, continué avec Le dieu venu du Centaure et qui culmine avec le présent roman."

Stan Barets, Catalogue des âmes et cycles de la S.-F.


Philip K. Dick
Mon Avis :

Enfin un roman de PKD dans mon blogounet ! C’est que Philip K. Dick et moi, c’est une longue histoire. J’ai lu mon premier roman de cet auteur alors que j’avais entre 11 et 12 ans (honte à moi, je ne me rappelle même plus de l’époque exacte !). Jusque-là je n’avais à peu près lu que des romans jeunesse et quelques classiques. On peut donc imaginer le choc psychologique dont je fus victime quand, attirée par la seule couverture, je me lançai tête baissée dans L’Œil dans le ciel, sans avoir la plus petite idée de ce dans quoi je mettais les pieds… (ben quoi, elle était très sympa cette couverture, on y voyait deux hommes se prenant pour Mary Poppins, accrochés à un parapluie volant, la Terre loin en-dessous, et dans le ciel un œil énoooooorme qui les regarde !)
Ce roman (et la plupart des romans de PKD que j’ai lus par la suite, chacun à son niveau), m’a retourné le cerveau. Philip K. Dick fait vraiment partie de ces auteurs qui marquent. Il y a un avant. Il y a un après. On ne peut plus jamais retourner à son état initial.
Bref, tout ça pour dire que, adolescente, je vouais un culte à Philip K. Dick, et que, même si aujourd’hui ma passion pour cet auteur a beaucoup perdu en intensité (ou devrais-je dire, en fanatisme monomaniaque, ce dont je me réjouis pour ma santé mentale), il reste un de mes auteurs préférés, un de ceux que j’ai toujours plaisir à lire et à relire, sans me lasser.
C’est donc avec beaucoup de plaisir que je me suis replongée dans un des meilleurs romans du maître : Ubik.
Mais de quoi parle Ubik ?
Ubik nous emmène dans un 1992 futuriste (le roman est écrit en 1966) où la technologie est capable de repousser les limites de la mort grâce à la semi-vie (dispositif où les défunts sont conservés dans des cercueils cryogéniques, et qui conserve chez eux, temporairement, une activité protophasique, c’est-à-dire une forme de conscience, qui permet aux vivants de dialoguer avec eux). C’est aussi un monde où certains individus ont développé des pouvoirs psioniques : télépathie, précognition, etc. En contrepartie, une autre catégorie d’individus, les « anti-psis », ont la faculté de nullifier les pouvoirs psis. C’est au cœur de cette guerre entre psis et anti-psis que se trouve l’agence de protection anti-psi de Glen Runciter, où Joe Chip est employé comme technicien.
Et… même si ça me brûle les lèvres (ou plutôt, les doigts !), je n’en dirai pas plus sur l’intrigue, de peur de gâcher la surprise de ceux qui ne l’ont pas encore lu.
Sachez seulement qu’un événement catastrophique a lieu, à partir duquel l’univers des protagonistes ne tourne plus tout-à-fait rond…

Couverture de la première édition US
On retrouve dans Ubik beaucoup de thèmes chers à Philip K. Dick : temporalité qui dégénère, phénomène d’entropie, réalités superposées, lutte entre entité malveillante et entité « bienveillante »… Joe Chip est le loser dickien par excellence, en inadéquation parfaite avec son environnement : constamment fauché dans un univers où on ne peut même pas ouvrir la porte de son appartement sans une pièce de cinq cents. Quant à l’humour, il est omniprésent, subtil, faisant contrepoids au climat de plus en plus angoissant de la lutte de Joe et son équipe contre ce qu’ils ne peuvent que retarder.
Comme à son habitude, Philip K. Dick joue avec les attentes du lecteur : il brouille les pistes avec des indices contradictoires, construit des hypothèses avant de les démolir, nous mène par le bout du nez du début à la fin. Même en l’ayant déjà lu, le plaisir reste intact, c’est une redécouverte totale !

D’après une interview récente d’Isa Dick, fille de Philip K. Dick et co-fondatrice d’Electric Shepherd Productions, Michel Gondry travaillerait, depuis déjà un certain temps, sur une adaptation au grand écran d’Ubik (adaptation qui m’enthousiasme infiniment plus que L’Agence, dont la bande-annonce de m’inspire guère). C’est donc en ayant ces nouvelles à l’esprit que j’ai relu Ubik. Le roman est-il adaptable ? Oh, que oui ! Mais Gondry n’est pas le premier à y avoir pensé : en 1974, le réalisateur Jean-Pierre Gorin (un français aussi !?) a demandé à Philip K. Dick de rédiger un scénario pour porter Ubik à l’écran. Le film ne s’est jamais fait, mais le scénario existe, publié en 1985 aux USA, puis traduit en français et publié par l’éditeur lyonnais Les Moutons Electriques en 2006. Pour l’occasion, j’ai donc acheté un exemplaire de ce scénario (depuis le temps que ça me démangeait, c’était l’excuse rêvée !), que je vais m’empresser de lire avant de vous donner mes impressions !

vendredi 8 avril 2011

Berserk 319: Le Dieu de la mer (1)





















Sans le texte, ce serait mieux, mais il faut bien faire avec ce qu'on a...
























Dans le repaire du monstre, Guts et Shierke trouvent une statue brisée... Le sceau qui emprisonnait le Dieu de la mer? Ou le vestige d'un ancien temple voué à une autre déité marine?


Et puis c'est du spoil, mais je ne peux pas résister, il est trop beau!!! (et on a attendu si longtemps pour en avoir un aperçu!)



Et encore un peu de spoil pour la route (passez le curseur dessus avec le clic gauche appuyé pour afficher le texte):

Il n'y a vraiment que Guts pour avoir envie d'entrer là-dedans!!!

Le prochain épisode arrive le 22 avril! D'ici-là, il y a encore la traduction à attendre...

dimanche 3 avril 2011

True Grit


Catégorie : Cinéma
Genre : western
Réalisateurs et scénaristes : Joel et Ethan Coen
Année de production : 2010
Date de sortie : 23 février 2011


Synopsis :

1870, juste après la guerre de Sécession, sur l'ultime frontière de l'Ouest américain. Seule au monde, Mattie Ross, 14 ans, réclame justice pour la mort de son père, abattu de sang-froid pour deux pièces d'or par le lâche Tom Chaney. L'assassin s'est réfugié en territoire indien. Pour le retrouver et le faire pendre, Mattie engage Rooster Cogburn, un U.S. Marshal alcoolique. Mais Chaney est déjà recherché par LaBoeuf, un Texas Ranger qui veut le capturer contre une belle récompense. Ayant la même cible, les voilà rivaux dans la traque. Tenace et obstiné, chacun des trois protagonistes possède sa propre motivation et n'obéit qu'à son code d'honneur. Ce trio improbable chevauche désormais vers ce qui fait l'étoffe des légendes : la brutalité et la ruse, le courage et les désillusions, la persévérance et l'amour...
(source : Allociné)


Mon Avis :

Enfin, après toutes sortes de mésaventures et de contretemps, j’ai réussi à voir ce film ! Et j’en suis bien contente^^.
Excellent western qui aurait mérité bien des récompenses qu’il n’a pas obtenues, et très bon cru des frères Coen (même si je ne le classerais pas parmi leurs meilleurs, car pour moi il reste un ou deux crans en-dessous d’un Big Lebowski, d’un Barton Fink ou encore d’un O’Brother… Fichtre, même d’un Burn After Reading, que j’ai personnellement adoré ! Mais bon tout ça est affaire de goût, ne chipotons pas), True Grit est la deuxième adaptation à l’écran du roman de Charles Portis après 100 Dollars pour un shérif (avec John Wayne dans le rôle de Cogburn).
Le film nous entraîne dans la quête vengeresse de la jeune Mattie Ross, une petite qui en a, et qui mobilise toute sa fortitude et toute sa ruse pour convaincre un vieux poivrot borgne de marshal, tout aussi buté qu’elle, non seulement de partir sur la piste de Chaney, mais aussi de la laisser l’accompagner dans la chasse à l’homme.
Le rythme du film suit le rythme du périple : des périodes assez tranquilles, ponctuées d’un humour grinçant qui confine parfois à l’absurde (je pense notamment à la rencontre avec le dentiste, qui pour une raison quelconque m’a vaguement rappelé Dead Man), entrecoupées de moments de tension très réussis (de ce point de vue, tout le passage près de la cabane de Quincey et son compère reste celle qui m’a le plus tenue sur le bord de mon siège).
Niveau jeu d’acteurs, les interprètes sont tous splendides, à commencer par Jeff Bridges, très en forme pour ces retrouvailles avec les frères Coen, et la jeune Hailee Steinfeld, dont c’est le premier rôle, est très convaincante. Quant à Matt Damon qui complète le trio, il ne démérite pas non plus dans un registre inhabituel où j’aimerais le voir plus souvent. Enfin, tous les personnages secondaires sont très marquants (pendant que j’y suis, le maquilleur aurait mérité une récompense, lui aussi !!!) et très, très bien joués par des acteurs qui semblent avoir beaucoup de plaisir à être là.
Bref, ça valait le coup d’attendre !